Violences faites aux femmes : Marlène veut tourner une page de son histoire
- elikiamoyi

- 28 juil. 2023
- 3 min de lecture
L’histoire de Marlène 25 ans vous coupe le souffle comme le ferait un coup de poing dans le thorax. Violée par le conjoint de sa petite sœur, elle sort de ce viol escamotée : coups et blessures, visage défiguré, douleurs musculaires, des stigmates qui s’estompent avec temps. Un drame qui l’aura laissé un œil au beurre noir, marque qui lui rappellera toujours cette malheureuse journée.

Violée en octobre dernier Marlène est la preuve vivante que quelles soient la nature et les circonstances d’un viol, on peut retrouver goût à la vie, être à nouveau heureuse et se réconcilier avec son corps. « Je suis la preuve vivante qu’on peut revivre après un tel drame, mais cela n’a pas toujours été ainsi,» explique Marlène qui croit que la clé majeur de la reconstruction est de garder espoir en des lendemains meilleurs, « même si sur le moment on se sent morte de l’intérieur, » souligne-t-elle
Droguée, battue, étranglée et violée l’histoire de Marlène est invraisemblable. Il y a un mois, son beau-frère la convint de l’accompagner dans un bar ou elle devait rencontrer l’ami de celui-ci qui s’intéressait à elle. Mensonge ! « Je ne pouvais pas me douter qu’il s’agissait d’un piège parce que dans ma famille on le considérait comme notre grand frère» informe la jeune fille qui en attendant le prétendant accepte de prendre une bière puis une seconde proposé par son beau-frère. Après un rapide tour aux toilettes, elle remarque que sa boisson à un goût étrange.
« J’interroge mon beau-frère il m’invente une raison et comme je n’avais pas d’appréhension, j’ai pris un second verre, c’est alors que j’ai commencé à sentir des vertiges et une lourdeur au niveau du corps ; j’ai fermé les yeux, j’étais dans une semi inconscience. Profitant de mon état, celui m’a transporté dans une chambre et c’est quand il m’a jeté sur le lit, que je me suis rendue compte de ce qui se passait », raconte Marlène anéantit, qui malgré ses cris et supplications était prise entre les mailles de son agresseur.
« Alors j’ai commencé à me débattre, comme je résistais, il a commençait à me donner des poings au visage, au même moment, il essayait de me déshabiller…Il m’avait tellement frappé que je n’arrivais plus résister et il a abusé de moi. Je criais et me débattais. Ce sont mes cris qui ont alerté l’assemblé dehors, pris de peur il m’a lâché et je me suis enfuie de la chambre » explique-t-elle.
Visage enflé, bouge déformée, sang dégoulinant des narines et oreilles…Paniqué le gérant alerte la police et les embarque au PSP, ou elle fait sa déposition. « Le personnel sur place m’a bien accueilli et m’a offert des médicaments pour calmer les douleurs» a fait noter cette dernière qui retrouve ses parents au petit matin. « Une longue et pénible journée qui me conduis tour à tour entre l’hôpital ou j’ai fait une série d’examens, puis au guichet unique à Azur développement ou j’ai été entièrement prise en charge tandis que mon beau-frère lui avait été transféré à la maison d’arrêt en attente d’un jugement » raconte la jeune fille.
Cependant les rapports avec sa petite sœur ne sont pas au bon fixe « Le fait qu’elle banalise ce qui m’est arrivée, m’a beaucoup peiné, selon elle, je suis venue briser son ménage » a révélé Marlène qui se méfie désormais d’elle. En effet, quand la personne violée est considérée comme une victime cela l’aide à se débarrasser de toute culpabilité a fait noter Bonelie Nganongo, du guichet unique Azur développement/Brazzaville.
En outre si le passage par la case judicaire est essentiel, elle ne garantit pas pour autant la guérison de la victime « or en cas de doute ou de prescription, il profite au présumé coupable » a fait noter Prudence à la magistrature. « Décider donc de pardonner pour avancer est un acte fort que beaucoup ne comprennent pas. Certains auraient souhaité voir le coupable périr en prison alors qu’il va d’ici peu être en liberté provisoire». Une décision qu’elle ne regrette pas, mais Marlène a peur pour sa sécurité « J’ai peur qu’il nous recherche pour nous nuire parce qu’il est très rancunier, c’est pourquoi j’envisage repartir à Pointe Noire dès que cela sera possible».
Enfin, si Marlène a repris gout à la vie, elle n’est pas pour autant prête à se mettre en couple « J’ai maintenant comme un dégout pour les hommes, si je dois me mettre avec quelqu’un, ça sera une personne qui craint dieu» a fait savoir cette dernière qui demande aux jeunes filles d’être prudentes « Ne faites confiance à personne, je ne pouvais pas imaginer que mon beau-frère puisse me violer, c’était devenue comme un membre de la famille» a fait noter cette dernière qui certifie avec véhémence qu’on peut renaitre, se reconstruire après un viol. « Chaque chose qui nous arrive, dieu le permet, pour peut-être nous ramener vers lui ».
Annette Kouamba Matondo





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