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Theresa Bouams : « Le christianisme n’est pas adapté à mes valeurs en tant que Bantu »

  • 28 sept. 2021
  • 2 min de lecture

Altière et diligente, Bouamoutala Fortunée Theresa n’est plus ce poupin sage et candide d’il y a quelques années. Si ses propos sur internet créent des controverses autour de sa personnalité, Theresa Bouams refuse d’être un mannequin Barbie et n’a pas sa langue dans la poche. La jeune panafricaniste, prête à se battre bec et ongles pour faire connaître l’histoire de l’Afrique, se dévoile au public. Levée de rideau sur le mannequin la plus controversée du moment.

Winners Ladies: Comment vous définiriez vous ? Theresa Bouams : Je me définis comme une guerrière car j’ai toujours ressenti en moi un feu qui prône la justice, le développement et le changement. WL : Comment s’est fait le passage du mannequinat à la jeune militante panafricaine ? Theresa Bouams : ll s’est fait naturellement au moment où je me suis plongée dans l’histoire de notre continent qui curieusement n’est pas enseignée dans les écoles, les églises et pire encore dans nos familles ou dans notre communauté. En tant qu' opératrice culturelle, il est très important pour moi de connaître l’histoire de mon pays et de notre continent, car l’envol de l’Afrique ne concerne pas seulement le secteur du mannequinat mais aussi d’autres domaines artistiques marginalisés. WL: Quel est l’élément déclencheur qui vous a poussé à changer de barque ? Theresa Bouams : C’est le fait que 90% de mannequins de mon pays et aussi d’autres pays d’Afrique ont pour ambition d’aller s’installer en Europe ou en Amérique pour mieux gagner leurs vies et, moi aussi, j’étais dans le lot. C’est ce complexe d’infériorité qui a vraiment été la sonnette d’alarme dans mon combat. WL: Chrétienne pratiquante à la base, aujourd’hui vous militez pour le retour aux traditions, comment vous le vivez ? Theresa Bouams : Aucun peuple ne peut se développer en se basant sur les principes d’un autre peuple car même les peuples sédentaires qui ont appris la spiritualité en Afrique ont à leurs tours adapté cela selon leurs propres traditions d’origine. Je ne dis pas que le christianisme occidentale est mauvais, mais plutôt que c’est une tradition qui n’est pas adaptée à mes valeurs en tant que Bantu. Ma conversion n’a rien à avoir avec un quelconque effet de mode. Plusieurs jeunes africains prônent le retour aux sources dans la tradition africaine comme moi. WL : Et qu’attendez-vous de la jeunesse congolaise qui est votre première cible ? Theresa Bouams : On sait que le moteur du développement d’un peuple est sa jeunesse. Mon combat est que la jeunesse africaine et précisément celle du Congo apprenne l’histoire de nos aïeux et qu‘elle valorise notre héritage (nos langues, notre philosophie, nos prénoms bantus, notre spiritualité …).

WL : Avez-vous mis fin à votre carrière de mannequin ? Theresa Bouams : Non. J’ai juste fait une pause, afin de mieux situer mon combat en tant qu’une opératrice culturelle, faire la promotion et la défense de notre patrimoine culturel.

Propos recueillis par Berna Marty

 
 
 

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