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Michel-le-s : film qui a suscité des vives controverses.

  • Photo du rédacteur: elikiamoyi
    elikiamoyi
  • 4 oct. 2022
  • 3 min de lecture


Michel, 17 ans en classe de terminal découvre avec émoi son attirance pour les hommes. Une relation qu’il vit secrètement et qui sera révélé au grand jour par son frère. Nouvelle qui va chambouler sa vie et va déclencher une avalanche de réactions au sein de sa famille et son entourage. Premier film du genre, ce long métrage de plus d’une heure réalisé par Arthur Ve Batouméni et co-produit par Jean Claude Opagault pose le problème de l’homosexualité en général et surtout comment celle-ci est perçue dans la société congolaise. Un film qui a provoqué de vives controverses.


Michel mène une vie calme et paisible au sein de sa famille jusqu’au jour où son secret est révélé au grand jour par son frère. Du jour au lendemain sa vie bascule, il est chassé de la maison familiale par son père qui ne conçoit pas que son fils soit homosexuel et trouve un refuge auprès de sa tante qui essaye tant bien que mal de lui apporter son réconfort. Ne se sentant pas en sécurité chez sa tante à cause des incessantes menaces de son père, celui-ci est recueilli chez un bienfaiteur : Jean Claude qu’on appelle communément « maman », dans le cercle homosexuel qui est aussi président de l’association Cœur Arc en Ciel (destinée à aider les jeunes homosexuels en quête d’un toit en attendant une meilleure situation et de veiller à leur épanouissement), où il trouvera la quiétude.


Persuadées que c’est un caprice d’adolescence, sa tante et sa mère l’emmène en consultation chez un entre parenthèse un exorciste qui le houspille de fouets et coups pour sortir le démon qui loge de son corps. Une technique qui ne fonctionne malheureusement pas vu qu’après sa convalescence, Michel retrouve ses anciens fantômes.


Un récit fort bouleversant car au-delà de l’histoire d’amour qui se tisse entre deux adolescents, ce film est aussi et surtout un moyen de sensibiliser le public congolais aux violences et discriminations faites aux minorités sexuelles et de genre, mais c’est aussi les moments de joie et de solidarité entre membre de la communauté LGBT (lesbienne, gay, bisexuel, transgenre).


Premier film du genre rien n’a été laissé au hasard. Si le film se place dans une optique d’africanisation des luttes et mouvements pour les droits des minorités sexuelles et de genre, il met aussi en lumière notre culture : beaucoup de dialogues sont en lingala, une préférence pour des costumes en pagne, la décoration des habitats, les repas…tout nous rappelle de notre cher Congo.


Un film qui a suscité des vifs remous entre ceux qui militent contre la légalisation de l’homosexualité et d’autres qui la défendent corps et âme. «  Le quotidien des homosexuels n’est pas rose tous les jours, il faut avoir un sacré cran pour faire son coming out au Congo ! Rejetés par la famille, traité de tous les noms et même parfois considéré comme de la peste, les homosexuels subissent des abus de la part de leur entourage » explique Jean Claude Opagault.


Des propos qui ont occasionné une large controverse et a attiré des foudres de certains conservateurs. « C’est infâme ! Si un de mes enfants entraient dans ces pratiques, je vous jure que vous entendrez parler de moi » a indiqué sévèrement Joseph Kissouaka le front plissé. En effet, malgré une plus grande visibilité des homosexuel-le-s, à la télévision comme au cinéma, les gays et les lesbiennes sont toujours autant stigmatisés dans la société congolaise comme en témoignent les nombreux actes homophobes, parfois violents, dont sont victimes ces derniers.


En outre si les congolais sont un plus ouverts au débat par rapport à l’homosexualité, ce sujet reste néanmoins tabou au regard des traditions et mœurs congolaises.«  Le changement prendra du temps, les efforts doivent être constants, on ne doit pas baisser les bras, même si l’Afrique et le Congo en particulier sont hostiles aux minorités sexuelles »,  a fait noter un gay qui a requis l’anonymat.


Pour Philip, l’état est en partie responsable de se laisser aller. « A qui profite la dépénalisation de l’homosexualité. N’est pas à ces vieux pour des pratiques occultes ? Il n’y a qu’à voir l’ascension de certains jeunes dans ce pays. Et pour couronner le tout il y a maintenant des bisexuels qui fort heureusement ne s’affirment pas encore !» a indiqué Philip en exécutant le signe de la croix.


Enfin, si l’homosexualité est foncièrement condamnée par les mœurs congolaises, au niveau juridique aucune loi ne proscrit cette pratique en dehors de l’article 331 qui sanctionne les actes homosexuels pratiqués entre des personnes du même sexe ayant moins de 21 ans dans le code pénal (E-U. 27 février. 2014. ILGA mai 2013, 20).


Un film courageux et original, car il sied de le souligner, il faut être sacrement audacieux pour aborder ce thème dans notre société hostile à cette pratique.


Annette Kouamba Matondo

 
 
 

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