
Mark Carney à Pekin: le Canada et la Chine amorcent un nouveau chapitre diplomatique
- elikiamoyi

- 20 janv.
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Pékin, 16 janvier 2026 — Le Premier ministre canadien Mark Carney poursuit sa visite officielle en Chine, entamée le 14 janvier à Pékin, marquant un tournant majeur dans les relations sino-canadiennes après près d’une décennie de tensions diplomatiques. Ce déplacement, le premier d’un chef de gouvernement canadien depuis 2017, est perçu de part et d’autre comme une tentative assumée de réinitialisation des liens politiques et économiques entre Ottawa et Pékin.

Accueilli à l’Aéroport international de la Capitale de Beijing avec les honneurs protocolaires, Mark Carney a rapidement entamé une série de rencontres de haut niveau avec les dirigeants chinois, dont le président Xi Jinping et le Premier ministre Li Qiang. Les échanges ont porté sur la coopération économique, le commerce, l’énergie, la sécurité internationale et la gestion des différends bilatéraux.
À l’issue des premiers entretiens, les deux pays ont annoncé leur volonté de jeter les bases d’un nouveau partenariat stratégique, axé sur la coopération pragmatique et le dialogue politique. Les autorités chinoises ont qualifié cette visite de « tournant » dans les relations bilatérales, tandis que le gouvernement canadien y voit une opportunité de diversifier ses partenariats internationaux dans un contexte mondial instable.
Sur le plan économique, plusieurs avancées notables ont été enregistrées. Le Canada et la Chine se sont entendus sur des allègements tarifaires réciproques, notamment concernant les exportations agricoles canadiennes, dont le canola, ainsi que sur les véhicules électriques chinois destinés au marché canadien. Des accords préliminaires ont également été conclus dans les secteurs de l’énergie, de la sécurité alimentaire, de la lutte contre la criminalité transnationale et de la culture.
Un signal fort de diversification économique
Pour Ottawa, cette visite s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire la dépendance économique du Canada vis-à-vis des États-Unis, principal partenaire commercial du pays. En renforçant ses liens avec la Chine, deuxième économie mondiale, le Canada cherche à s’insérer plus activement dans un nouvel ordre commercial multipolaire.
Autre annonce symbolique : Pékin a évoqué la possibilité d’un accès sans visa de courte durée pour les citoyens canadiens, une mesure encore à l’étude mais qui témoigne d’une volonté d’assouplissement des échanges humains et touristiques.
Malgré cette dynamique positive, les observateurs restent prudents. Les relations entre les deux pays ont été marquées par de profondes crispations au cours de la dernière décennie, liées à des différends diplomatiques, commerciaux et géopolitiques. Si la volonté de dialogue est désormais affirmée, la consolidation de cette nouvelle phase dépendra de la mise en œuvre concrète des engagements pris durant cette visite.
En se rendant à Pékin, Mark Carney joue une carte diplomatique délicate mais stratégique. Les résultats de ce déplacement pourraient redéfinir durablement la place du Canada dans les équilibres économiques et politiques de la région Asie-Pacifique.
Crédits photos RFI et La Provence
La rédaction




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