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Les difficultés des femmes de Makoubi

  • 29 sept. 2021
  • 3 min de lecture

(CRP/Syfia) A Makoubi, à environ 30 km de Sibiti (département de la Lékoumou), associations, autorités locales, autochtones et journalistes ont débattu récemment des difficultés quotidiennes des femmes de cette communauté rurale.

« Nous avons en général deux à trois champs. Nous n’avons pas de problèmes de terres, car nous héritons soit de nos parents, soit de nos époux. Quand des gens désirent cultiver sur nos terres, nous les leur prêtons gratuitement », a expliqué en préambule Marie Adèle Niouma, une veuve dans la cinquantaine, membre de l’association Femmes dynamiques de Makoubi.

Témoignage enregistré le 23 juin dernier à Makoubi, un village d’environ 1 500 habitants à près de 30 km de Sibiti (Lékoumou). C’était à l’occasion d’un débat communautaire organisé par le Centre de Ressources pour la Presse (CRP) en partenariat avec Syfia International, dans le cadre du projet « Journalistes, associations et autorités locales contribuent à un meilleur respect des droits des femmes rurales pour lutter contre la pauvreté ». Un projet financé par l’Union européenne.

Les échanges ont été animés en kituba par Clarisse Milandou et Ruth Kokolo, deux journalistes dudit projet, sous la supervision de Gaston Elbi Enkari, coordonnateur du projet. Ce débat a réuni une trentaine de femmes, toutes membres de Femmes dynamiques de Makoubi, ainsi que la directrice départementale de la Promotion de la femme, le directeur départemental de l’Intégration de la femme au développement, des autochtones et des journalistes.

Champs éloignés, matériel rudimentaire

Sans langue de bois, les femmes de Makoubi ont mis à nu leurs difficultés. « Nos champs se trouvent à plus de 10 km du village… Acheminer nos produits est un réel problème. Par ailleurs, nous demandons souvent aux autochtones d’abattre des arbres ou de défricher moyennant 700 à 1 000 Fcfa (1,05 € à 1,50 €) par jour », a encore expliqué Marie Adèle. Autre problème soulevé par les participants au débat : une agriculture obsolète, avec un matériel désuet (houe, machette, hache...). Joséphine Ngounou, présidente de Femmes dynamiques de Makoubi, a toutefois précisé : « Avant, on louait nos services pour travailler dans les champs des autres. Aujourd’hui, en attendant l’achat de matériel, nous nous attelons à avoir nos propres champs. »

Son association compte 45 membres au total, dont 20 autochtones. L’harmonie semble de mise. « Nous mangeons et travaillons ensemble », a souligné la présidente. Une intégration limitée, a nuancé Marie Kengué, autochtone membre de Femmes dynamiques. Sa fille a été abandonnée par un bantou : « Dans l’association, nous n’avons pas de problèmes, mais pour les autres habitants, nous ne représentons rien ! Nos filles sont régulièrement victimes d’abus sexuels de bantous qui refusent ensuite de prendre leurs responsabilités une fois qu’elles sont enceintes… »

Une autre autochtone participante au débat, est alors intervenue menaçante : « Si ces bantous continuent à abuser de nos filles, nous ferons des fétiches pour que leurs sexes pourrissent ! » Un discours acclamé par plusieurs participants(es) au débat. « Pire encore, quand un autochtone sort avec une femme bantoue, il est battu ou menacé de mort ! », a affirmé la même personne sur sa lancée, déplorant le silence des femmes bantoues face à ces violences.

« Dénoncez les abus sexuels ! »

Massanga Chella, bantoue, secrétaire de Femmes dynamiques de Makoubi, a, elle, encouragé les autochtones à se rapprocher de Jean Denis Toutou Ngamiyé, président de l’Association pour la promotion socio-culturelle des populations autochtones du Congo (APSAC) pour porter éventuellement plainte en Justice : « Dénoncez ces abus sexuels ! Si vous continuez à vous taire, les bantous continueront à agir ainsi ! » Jean Claude Bassouamina Louzolo, directeur départemental de l’Intégration de la femme au développement (DDIFD), a pour sa part souhaité que les autorités locales fassent « payer des amendes aux bantous qui ne veulent pas assumer leurs responsabilités ou les obligent à prendre en charge l’enfant et la mère. »

Certains participants au débat ont malgré tout tenu à souligner quelques avancées. « Mes deux fils ont eu des enfants avec des filles autochtones. Elles vivent avec moi à la maison », a par exemple témoigné Jeanne Lebila, qui ne voit sous son toit que des êtres humains, peu importe ce qu’en pensent ses voisins.

Annette Kouamba Matondo

Juillet 2016

 
 
 

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