Les caches misères des autochtones dans le département de Sibiti
- 21 sept. 2021
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Dans qu’on franchit la porte de la hutte une odeur de pisse mêlée à celle de la fumée et des épices vous accueillent en signe de bienvenue. Peu aérée et exiguë, une unique pièce sert parfois de séjour, cuisine et chambre. Des conditions de vie qui à la longue peuvent être désastreuse pour la santé de ses occupants.
« Nous n’avons qu’une seule pièce ici, nous préparons et mangeons sur place, et le soir, elle nous sert également de chambre à coucher » explique posément mâ Helene qui active son feu de bois, les yeux rouges retenant difficilement des quintes de toux. Dans la hutte voisine, sur le mur d’entrée, bidons d’eau, sceaux pour lessive et un panier à provision accueillent les visiteurs. A l’intérieur, une grande pièce sert de cuisine et de séjour et deux autres minuscules pièces servent de chambres à coucher sans fenêtres. « Nous vivons ici à huit, mon mari et mes six enfants » a fait savoir une jeune dame visiblement fatiguée qui s’active dans des tâches domestiques, secondée par sa fille ainée tandis que les plus petites observent à travers les trous ce qui se passe à l’extérieur
Insalubres, peu ventilés, sombres, peu conforts et parfois et surpeuplées (6 à12 personnes), les occupants manquent souvent d’espace et d’intimité parce que ces constructions de fortune sont généralement exiguës et ne possèdent qu’une ouverture pouvant à la longue provoquer des problèmes d’hygiènes et des maladies comme l’a indiqué Henriette Kiboukou Directrice Départementale de la Promotion des droits des peuples autochtones à Sibiti. « C’est inacceptable qu’encore aujourd’hui, des personnes vivent toujours dans ces conditions, étant des congolais et ils ont aussi droit à un logement décent» a –t-elle fait savoir indignée.
A Mabembé comme à Mapati, Ngonako et Indo, les autochtones vivent en général au début des villages, leurs logements construits avec des pailles, sont parfois dans un état de délabrement au point où l’on peut apercevoir via des ouvertures sur les murs ce qui se passe à l’intérieur. On trouve des huttes placés çà et là, et parfois même à l’abandon. A Mabembé, le spectacle est encore plus alarmant car on y accède par une piste sinueuse, simple ruban à peine visible dans les hautes herbes pendant la saison de pluie, et est à seulement une heure de Sibiti.
Les autochtones sédentaires de ce village vivent dans les huttes endommagés par l’épreuve du temps et s’inquiètent peu de leur environnement, l’essentiel pour ces derniers est d’avoir un endroit où dormir peu importe le confort. C’est le cas d’Igor qui occupe une pièce qui lui sert de séjour, de cuisine et de chambre. Une porte en guenille laisse entrer la lumière. A droite, un petit matelas étroit, mal foutu et un bidon d’eau qui lui sert de table chevet ou il dépose quelques bricoles. A gauche un monticule de fagot de bois recouvre tout un pan de mur, quelques ustensiles de cuisines et des produits alimentaires. « Je n’ai pas de toilettes et pour faire mes besoins, soit je vais dans l’herbe, soit dans l’eau » a fait savoir le jeune homme qui dit souffrir en saison de pluies vu que l’eau pénètre dans ma hutte.
Belvigie mariée à Richard se plaint quant à elle du manque d’intimité « nous sommes trois épouses et dix enfants dans une maison de trois pièces dont deux chambres. Par chance on ne vit pas tous ici au même moment, quand je suis en brousse, mes deux rivales viennent me remplacer» a fait noter Belvigie qui encourage son époux à construire une habitation plus grande.
AKM





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