L'art de rire de soi: une parole singulière sur scène
- elikiamoyi

- 8 janv.
- 2 min de lecture

Le 31 décembre dernier, l’artiste humoriste Pap’s communément appelé Papy par ses proches a livré un spectacle au sein de l’église Baptiste évangélique missionnaire. Un spectacle, plein d’humour car l’article bègue de naissance fait de son handicap un ressort artistique. Son bégaiement, loin d’être un frein, se transforme en signature scénique. Il l’assume, le travaille, l’expose, jusqu’à en faire une matière narrative à part entière.
Il suffit de dix minutes pour que la salle bascule. Le public est happé par ses récits où les figures parentales, les situations rocambolesques et les maladresses ordinaires prennent une dimension universelle. À travers ces histoires, il restitue une mémoire collective faite de petites luttes, de fragilités assumées et d’humanité brute.
Par l’auto-dérision, l’artiste convoque des histoires simples, parfois anodines, mais profondément révélatrices. Il puise dans le terreau familial, dans les récits du quotidien et dans les contradictions de la société pour façonner une parole accessible, populaire, mais jamais vide de sens. Chaque anecdote devient un fragment de vie, chaque rire une reconnaissance silencieuse.

Ce qui frappe, au-delà de l’humour, c’est la maîtrise du rythme et de la parole. Le bégaiement, souvent perçu comme une rupture, devient ici une cadence, presque une musicalité. L’artiste impose son tempo, oblige l’écoute, crée une attente. Il transforme la contrainte en esthétique. En riant de lui-même, il désarme les regards, déconstruit les stéréotypes et ouvre un espace où la différence cesse d’être un handicap pour devenir une richesse expressive.

Papy son nom de scène n’a rien à voir avec le statut de grand-parent c’est sa marque. Bègue de naissance, il a choisi de transformer ce que beaucoup considèrent comme un handicap en véritable force artistique.
Sur scène, Papy utilise son bégaiement avec intelligence et autodérision pour faire rire, mais aussi pour instruire et sensibiliser. À travers l’humour, il invite le public à changer de regard sur le handicap et à comprendre qu’un défaut n’est pas forcément un frein, mais peut devenir un moteur. Aussi son message est clair : s’accepter tel que l’on est et oser transformer ses faiblesses en atouts
Annette Kouamba Matondo




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