Azaad Manté, l'art de communiquer avec passion
- elikiamoyi

- 10 févr.
- 2 min de lecture

Rien ne prédestinait Azaad Manté à la communication. Et pourtant. À force d’audace, d’apprentissage et de convictions, elle s’est imposée comme une figure discrète mais essentielle de la communication culturelle et institutionnelle au Congo. Portrait d’une femme qui a fait de chaque détour un tremplin.
En 1999, à 24 ans, Azaad Manté quitte le cocon familial pour rejoindre le Forum des Jeunes Entreprises du Congo (FJEC). Le pays sort à peine du conflit. L’inquiétude est là, mais la confiance finit par l’emporter, notamment grâce au soutien du Père Christian de la Brestesche. Assistante en communication, elle découvre alors le monde des ONG, de l’engagement citoyen et de l’entrepreneuriat solidaire.
Parallèlement, elle poursuit une maîtrise en littératures et civilisations africaines et fréquente assidûment le Centre culturel français de Brazzaville (CCF). Le déclic survient lors d’une rencontre littéraire : repérée par la directrice de l’époque, Marie-Charlotte Bolot, Azaad se voit proposer une mission pour RFI. Le doute la traverse, mais elle ose. Elle quitte le FJEC et change de trajectoire.
L’ascension dans la communication culturelle
L’expérience est concluante. En 2001, sur recommandation de RFI, Azaad devient la toute première chargée de communication de l’Institut français du Congo (IFC). Elle y pose les bases d’une communication culturelle structurée, tout en jonglant avec sa vie de jeune maman.
Consciente de ses limites et désireuse de se former davantage, elle obtient en 2006 une bourse Egide pour intégrer le CELSA, à Paris. « J’étais étranglée par l’angoisse, le mal du pays et la peur d’échouer », confie-t-elle. L’épreuve est rude, mais elle en ressort plus solide, plus confiante.
De retour à Brazzaville en 2007, elle impulse un nouveau souffle à l’IFC. Pourtant, en 2011, l’essoufflement se fait sentir. « J’étais à bout de souffle… et l’ego des artistes commençait à me taper sur le système ! » glisse-t-elle avec humour. Le moment est venu de fermer un chapitre.
L’Union européenne, un nouveau cadre
En 2014, Azaad rejoint la délégation de l’Union européenne au Congo. Changement de décor. Ici, les codes sont plus stricts, les exigences élevées. Elle apprend à observer, à demander de l’appui et à identifier sa valeur ajoutée dans un environnement très structuré.
Aujourd’hui, à plus de 50 ans, Azaad Manté se tient à un carrefour. Continuer dans la communication ou explorer une autre voie ? « Je me laisse porter par le vent… celui de la confiance en moi et en ma foi », dit-elle avec sérénité.
Son second prénom, Vie De coeur, choisi par son père pour lui transmettre noblesse et altruisme, résonne comme une promesse tenue. Entière, engagée, exigeante envers elle-même, Azaad donne toujours le meilleur. Et lorsque la fatigue se fait sentir, elle se ressource dans son jardin, là où la terre, les plantes et le silence lui offrent apaisement et renouveau.
Annette Kouamba Matondo




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