Aurélien Rodrigue Nkaya
- Berna Marty
- 21 mai 2019
- 4 min de lecture
Ses auditeurs de plus en plus nombreux ne tarissent pas d’éloges à son égard. Aurélien Rodrigue Nkaya Nkaya ou Soul Grow, (nom de plume), est un dénicheur de talent et un passionné de musique. Nommé tout dernièrement directeur des informations à la radio école NTI, le journaliste, animateur et promoteur culturel est devenue au fil des ans un personnage incontournable dans le milieu de la culture et des arts.

Dénicheurs de talents, comment se fait la promotion des artistes que vous accompagnez et comment sont reçus leurs œuvres sur la scène de Pointe Noire ?
Aurelien Rodrigue Nkaya : La promotion commence par la radio et ensuite on se bat pour que les artistes se produisent sur les différentes scènes de la place. En ce moment, j’accompagne K Musica (qui évolue dans le ndombolo) dont le dernier album nommé de Madoua 777 étincelles cartonne sur les ondes nationales et les grandes places publiques. Cet engouement du public est l’une des raisons qui nous a poussés à mettre en place une tournée nationale. On espère conquérir le public congolais via des concerts (gratuits) dans les différents départements du pays. Mais en attendant, le groupe se produit régulièrement sur les scènes de Pointe Noire. Il a participé en février de l’année dernière à la 14 ème édition du festival sur le Niger au Mali, à Segou ou il a été bien accueilli. En dehors de ce groupe notre label accompagne d’autres artistes à l’image Berléa, une jeune étoile qui fait de la musique de recherche, avec des thématiques variées et se fait petit à petit un nom, il y a également l’artiste Teddy Benzo…
Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face au niveau de votre structure ?
Aurelien Rodrique Nkaya : Le métier d’opérateur ou de manager culturel au Congo émane presque de la magie, tant les difficultés sont nombreuses. La recherche des finances, des partenaires, du matériel, des salles de production, enfin la promotion des artistes. Ce sont des longues procédures qui parfois n’aboutissent pas, il faut alors être assez fort pour ne pas baisser les bras. Je dis souvent aux jeunes qui arrivent nouvellement dans le métier qu’il faut aimer ce que l’on fait pour pouvoir continuer sa route et savoir rebondir quand cela en vaut la peine. De plus, la politique culturelle du pays n’est pas vraiment développée et ne favorise pas l’épanouissement de ce secteur. Donc pour réussir, il ne faut que compter sur soi-même et si après cela il y a des bonnes âmes qui veulent vous accompagner tant mieux.
Comment se fait cet accompagnement ?
Aurelien Rodrique Nkaya : Cet accompagnement commence par une formation, car il n’existe pas d’écoles de musique ou d’art de la scène…Ce sont les églises, la rue, les centres culturels qui forment et offrent le minimum possible de connaissance pour ceux qui ont en besoin. Et les groupes qui viennent nous consulter sont généralement organisés de façon traditionnelle. Ce qui fait que notre accompagnement commence par la structuration, puis vient le suivi de leur carrière, on leur enseigne par exemple comment élaborer un projet, le développer au fur et mesure. Bref, on embrasse quasiment tout, on passe de l’administrateur, chargé de communication, à agent…
Ce sont les artistes qui viennent à vous ou le contraire ?
Aurelien Rodrique Nkaya : Ce sont les artistes qui font la demande vue que j’anime aussi des émissions culturelles au niveau de la radiotélévision NTI. C’est un peu délicat car tout artiste qui vient n’est pas forcément dans le registre que nous pouvons accompagner. Donc il faut du temps, pour se convaincre que le travail de l’artiste vaille la peine d’être accompagné, car l’artiste peut-être talentueux, mais du point de vue du caractère, il reste difficile à gérer.
A combien s’élève le coût de cet accompagnement?
Aurelien Rodrique Nkaya : On ne parlera pas de coût, mais plutôt des petits arrangements entre l’artiste et la maison de production. C’est plutôt un contrat de respect mutuel… Et si on n’arrive pas à trouver des marchés pour promouvoir le produit, on se sépare le plus simplement possible. Au cas où on trouve un terrain d’entente, on se rétribue les recettes. En général l’artiste prend 80% et nous le reste.
Avec cette démarche êtes-vous toujours arrivés à des fins heureuses ?
Aurelien Rodrique Nkaya : Sur 100 expériences, il y a 80 % qui n’ont pas vu le jour, du fait que les artistes eux-mêmes ne savent ce qu’ils recherchent et ne comprennent pas forcement la logique professionnelle. Certains artistes vous apportent des projets surréalistes et ne comprennent pas vraiment qu’avant d’arriver à ce niveau, il faut au préalable fournir des efforts et avoir un niveau professionnel requis….Donc l’exigence artistique ou professionnelle que vous pensez attribuer à cet artiste devient très souvent un frein pour ce dernier. Il y a aussi que nous travaillons avec des normes que beaucoup d’artistes trouvent contraignant et préfèrent aller voir ailleurs.
Parlons de votre autre passion pour la radio.
Aurelien Rodrique Nkaya : A la radio comme à la télévision, je fais de l’animation. Ça n’a rien à avoir avec ce que je fais avec mon label. J’accompagne toute les vocations artistiques et culturelles du Congo. Dans ce lot, il également y a des artistes qui nous contacte soient pour les accompagner dans la rédaction des dossiers de presse pour l’écriture de leur projet…Donc au niveau de la radio, j’apporte mon assistance à toute personne qui me sollicite.
A quand remonte vos premiers pas dans les arcanes des arts et de la culture ?
Aurelien Rodrique Nkaya : J’intègre le monde de la culture en 2000 à l’époque j’étais chantre dans un groupe de gospel. Pendant plus de six ans je me suis formé au sein de ce groupe et cela a créé une sorte de déclic en moi. Parti de là, j’ai décidé de suivre une formation de management culturel et communication en 2009. Chemin faisant, je me suis spécialisé dans l’encadrement et l’accompagnement des groupes artistiques et j’ai décidé après moult hésitations, de mettre en place Gospel Pro mon label. Avec l’expérience et la passion qui m’anime, j’ai réussi à me faire un nom dans les arcanes du gospel d’abord, et des autres disciplines ensuite. Après cela, je suis allé travailler dans une radio spécialisée dans les musiques urbaines, ce qui m’a permis de rencontrer d’autres artistes et d’autres univers.
Propos recueillis par Berna Marty




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